Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, 90 ans, a annoncé lundi 15 juin 2026 qu’une élection présidentielle se tiendrait début 2027. Le décret, publié par l’agence de presse officielle palestinienne Wafa, ouvre la voie à la succession d’un dirigeant au pouvoir depuis plus de vingt ans.
Un calendrier électoral en deux temps
Le texte publié lundi prévoit également la tenue d’élections législatives, programmées en novembre 2026. Mahmoud Abbas, élu en janvier 2005 après le décès de Yasser Arafat, premier président de l’Autorité palestinienne, n’a pas précisé s’il briguerait un nouveau mandat.
L’annonce intervient alors que l’Autorité palestinienne traverse une crise de légitimité prolongée. Aucune élection présidentielle n’a été organisée depuis le scrutin de 2005. Les dernières législatives, remportées par le Hamas en janvier 2006, avaient débouché sur une impasse politique, suivie de la prise de contrôle de la bande de Gaza par le mouvement islamiste en juin 2007.
Le décret présidentiel palestinien ne détaille pas les modalités pratiques de ces scrutins. La division territoriale entre la Cisjordanie, administrée par l’Autorité palestinienne, et la bande de Gaza, sous contrôle du Hamas, complique toute organisation d’élections unifiées.
Le Fatah face à l’après-Abbas
Le Fatah, parti fondé par Yasser Arafat et dont Mahmoud Abbas est issu, demeure la principale composante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui regroupe la plupart des factions palestiniennes à l’exception du Hamas et du Jihad islamique. L’influence du mouvement s’est toutefois érodée, affaiblie par des divisions internes et la frustration d’une population face à l’enlisement du processus de paix israélo-palestinien.
Plusieurs figures du Fatah sont évoquées pour la succession : Jibril Rajoub, secrétaire général du comité central du mouvement, Hussein al-Cheikh, vice-président de l’Autorité palestinienne, et Yasser Abbas, le fils aîné du président, lui-même candidat à un siège au comité central du parti.
Le gouvernement israélien de Benyamin Nétanyahou a affirmé à plusieurs reprises que l’Autorité palestinienne et le Fatah n’auraient aucun rôle à jouer dans la gouvernance de Gaza après la guerre. Cette position vient ajouter un obstacle supplémentaire à la perspective d’élections couvrant l’ensemble des territoires palestiniens.
L’Union européenne et plusieurs capitales arabes appellent de longue date à la tenue de scrutins dans les Territoires palestiniens, les dernières élections législatives remontant à près de vingt ans.
La dernière élection présidentielle s’est tenue en janvier 2005, quelques semaines après la mort de Yasser Arafat. Mahmoud Abbas l’avait emporté avec plus de 62 % des suffrages. Depuis, son mandat a été prolongé à plusieurs reprises sans nouveau passage aux urnes, une situation régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains et plusieurs chancelleries occidentales.
