Le futur Premier ministre britannique Andy Burnham a annoncé samedi 18 juillet l’abandon du projet de carte d’identité numérique nationale porté par son prédécesseur Keir Starmer. Les fonds prévus seront redirigés vers les aides au coût de la vie, a indiqué son porte-parole.
Un projet abandonné avant le début du mandat
Andy Burnham, qui doit succéder à Keir Starmer au 10 Downing Street en début de semaine prochaine, a décidé d’abandonner le projet de carte d’identité numérique, a déclaré samedi 18 juillet un porte-parole. Ce projet avait été annoncé en septembre 2025 par Keir Starmer pour lutter contre l’immigration illégale.
« Tout le temps et toutes les ressources qui allaient être consacrés à ce projet de carte d’identité numérique seront plutôt affectés là où ils sont le plus nécessaires, notamment pour aider à faire face au coût de la vie », a déclaré ce porte-parole, cité par le quotidien The Guardian.
Keir Starmer quittera officiellement ses fonctions lundi 20 juillet. Son successeur Andy Burnham a été élu chef du Parti travailliste après avoir remporté le scrutin interne face à la ministre de la Santé Wes Streeting.
Un coût estimé à 1,8 milliard de livres
Le coût du programme avait été estimé à 1,8 milliard de livres sterling, soit plus de 2,1 milliards d’euros, réparti sur trois exercices budgétaires. Le projet de Keir Starmer visait à instaurer d’ici 2029 une carte d’identité numérique nationale. Elle n’aurait pas été obligatoire mais nécessaire pour prouver son droit à travailler, en particulier dans le cadre de la lutte contre le travail illégal des migrants.
Cette mesure avait suscité une forte inquiétude au Royaume-Uni, pays longtemps rétif aux contrôles d’identité où il n’existe pas de carte d’identité nationale. Le débat a été alimenté par un flot continu de désinformation venue de l’extrême droite, selon la presse britannique. Des figures d’opposition ont présenté le dispositif comme un nouveau moyen pour le gouvernement de contrôler la vie des citoyens.
Face à ces contestations, le gouvernement de Keir Starmer était revenu en partie sur sa décision de rendre la carte obligatoire pour travailler, sans parvenir à apaiser les critiques.
Le débat sur l’identité numérique n’est pas nouveau au Royaume-Uni. Un précédent projet de carte d’identité nationale, lancé par le gouvernement travailliste de Tony Blair en 2003 et soutenu par Gordon Brown, avait été abandonné en 2010 après l’arrivée au pouvoir de la coalition Cameron-Clegg. Le coût de ce premier programme, estimé à près de 5 milliards de livres, et les préoccupations sur la protection des données personnelles avaient déjà conduit à son abandon.
Une priorité économique pour le nouveau gouvernement
Andy Burnham, ancien maire de Manchester, prend ses fonctions dans un contexte de crise prolongée du coût de la vie. Cette crise a contribué à faire de Keir Starmer l’un des Premiers ministres les plus impopulaires de ces dernières décennies, avec une cote de confiance tombée sous les 25 % selon plusieurs sondages.
L’économie britannique reste fragilisée par une inflation persistante et une croissance atone. Le Produit intérieur brut du Royaume-Uni n’a progressé que de 0,4 % au deuxième trimestre 2026, selon les données de l’Office for National Statistics.
Sa priorité sera de relancer l’économie et d’améliorer le niveau de vie des Britanniques. Dans un communiqué, le futur gouvernement a précisé que, malgré l’abandon du projet de carte d’identité numérique, il continuera à lutter contre le travail illégal en s’appuyant sur les progrès réalisés par l’administration Starmer.
Andy Burnham doit être officiellement nommé Premier ministre par le roi Charles III lundi 20 juillet, avant de prononcer son premier discours devant le Parlement. Son programme législatif, présenté lors du discours du Trône, devrait être connu dans les prochains jours.
