Le militant d’extrême droite britannique Tommy Robinson a été arrêté samedi 13 juin à l’aéroport londonien de Heathrow, à son retour d’un voyage en Russie. La police métropolitaine de Londres a invoqué la législation antiterroriste.
L’homme de 43 ans, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, a lui-même annoncé son interpellation sur le réseau social X, où il est suivi par environ deux millions de personnes. Selon le quotidien britannique The Guardian, il a été détenu pendant près de trois heures et ses téléphones, un iPhone et un Samsung Galaxy, ont été saisis.
Une interpellation sous le régime antiterroriste
La police métropolitaine de Londres a confirmé dimanche 14 juin à la BBC l’arrestation d’un quadragénaire à son retour au Royaume-Uni, sans le nommer, conformément à l’usage britannique. L’interpellation a été effectuée sur le fondement de la section 3 du Counter-Terrorism and Border Security Act de 2019, qui autorise les forces de l’ordre à interroger, fouiller et saisir les appareils de communication des voyageurs aux points d’entrée du territoire.
L’homme a été relâché après son interrogatoire, a précisé la police, sans indiquer si des poursuites étaient envisagées. Tommy Robinson a, de son côté, appelé ses soutiens à contribuer financièrement à sa défense juridique. Son porte-parole a dénoncé sur X une « attaque contre la liberté d’expression et le journalisme d’investigation », selon The Guardian.
Un profil sous surveillance
Ancien dirigeant de l’English Defence League, mouvement créé en 2009, Tommy Robinson est l’une des figures les plus connues de l’extrême droite britannique. Il s’est fait connaître par ses prises de position anti-immigration et anti-islam, ainsi que par une présence massive sur les réseaux sociaux.
Son arrestation intervient moins d’une semaine après l’attaque au couteau de Belfast, en Irlande du Nord, dans la nuit du 10 au 11 juin. Tommy Robinson avait diffusé la vidéo de cette agression sur ses comptes, avant d’appeler à des rassemblements dans plusieurs villes de la province britannique. Ces appels ont été suivis d’émeutes xénophobes qui ont fait plusieurs blessés parmi les forces de l’ordre.
L’agence France-Presse rappelle que le militant avait déjà été interpellé en juillet 2024 au terminal du tunnel sous la Manche, à Folkestone. Il avait refusé de communiquer le code PIN de son téléphone aux enquêteurs, invoquant la protection de sources journalistiques. Un tribunal britannique l’avait ultérieurement blanchi des accusations de terrorisme, estimant que le contrôle de police pouvait ne pas avoir été légal.
Le voyage de Tommy Robinson en Russie, d’où il revenait au moment de son arrestation à Heathrow, n’a pas fait l’objet de commentaires de la part des autorités britanniques. L’enquête se poursuit, selon la police de Londres, qui n’a pas précisé de calendrier pour d’éventuelles suites judiciaires.
