Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a publié un décret fixant au 28 novembre 2026 la tenue des élections législatives. Si elles se tiennent, ces élections seront les premières du genre depuis 2006.
Le décret présidentiel appelle les Palestiniens de Jérusalem, de Cisjordanie et de la bande de Gaza à participer à un scrutin « libre et direct » pour élire les membres du Conseil législatif palestinien, l’organe parlementaire de l’Autorité palestinienne, a rapporté jeudi 9 juillet l’agence de presse officielle WAFA. Le président Abbas avait précédemment évoqué la nécessité de renouveler les institutions palestiniennes dans un discours prononcé en juin devant les instances du Fatah.
Les dernières élections législatives dans les territoires palestiniens remontent à 2006. Le Hamas les avait alors remportées, battant le Fatah du président Abbas, qui dominait jusqu’alors la scène politique. En conséquence, le Conseil législatif ne s’est plus réuni depuis 2007.
Un président sans élection depuis 2005
Mahmoud Abbas, âgé de 90 ans, avait remporté la dernière élection présidentielle en 2005 avec un mandat de quatre ans, qui aurait dû expirer en 2009. Aucune élection présidentielle n’a eu lieu depuis, Abbas gouvernant par décret, ce qui lui a valu des critiques tant sur le plan national qu’international. En juin 2026, il a annoncé que des élections présidentielles se tiendraient au début de l’année 2027, sans préciser s’il serait candidat.
La tenue de ce scrutin législatif s’inscrit dans le cadre des réformes exigées par la communauté internationale, notamment par l’Union européenne qui soutient financièrement l’Autorité palestinienne. L’institution a fait l’objet de critiques répétées concernant la corruption et la perte de légitimité, les bailleurs de fonds conditionnant leur soutien à des réformes de gouvernance.
Un scrutin sous contrainte
En 2021, Abbas avait déjà annoncé l’organisation d’élections législatives et présidentielles, mais elles avaient été reportées sine die, faute de garanties pour organiser le scrutin à Jérusalem-Est, la partie orientale de la ville sainte annexée par Israël.
Ghassan Khatib, professeur de sciences politiques à l’université de Birzeit, a confié à l’AFP que le principal obstacle reste les difficultés logistiques découlant des mesures israéliennes à Gaza, Jérusalem-Est et en Cisjordanie. « Tout le monde a le sentiment que la légitimité palestinienne s’est érodée en raison de la longue période écoulée depuis les dernières élections », a-t-il déclaré, évoquant un « fossé creusé entre la population et les dirigeants ».
Dans le cadre du cessez-le-feu négocié par les États-Unis en octobre 2025, un comité technocratique a été formé pour administrer Gaza en remplacement du Hamas, qui a annoncé dissoudre son administration en vue d’un transfert des pouvoirs. En avril 2026, les Palestiniens s’étaient rendus aux urnes pour élire les présidents des conseils municipaux en Cisjordanie, un premier scrutin depuis le début de la guerre de Gaza en octobre 2023.
La communauté internationale a salué l’annonce. L’Union européenne, principal bailleur de fonds de l’Autorité palestinienne, avait conditionné une partie de son aide financière à des avancées démocratiques. Les États-Unis ont également appelé à la tenue d’élections « libres et équitables » dans le cadre des efforts de reconstruction de Gaza après la guerre. L’ONU a de son côté jugé cette annonce « positive » et invité toutes les parties à garantir la tenue du scrutin. Les précédentes tentatives d’organisation d’un scrutin en 2021 avaient buté sur le statut de Jérusalem-Est.
Ghassan Khatib a estimé que la communauté internationale avait la responsabilité d’« exercer des pressions sur Israël pour qu’il crée un environnement propice, ou du moins s’abstienne de prendre des mesures qui entraveraient ces élections ». Il s’est dit peu convaincu que le scrutin puisse entraîner un changement politique majeur, jugeant peu probable que le Hamas réalise des gains significatifs.
