Le taux de pauvrete est reste stable a 15,4 % de la population en 2024 en France metropolitaine, selon les donnees publiees par l’Insee jeudi 9 juillet. Il s’agit du plus haut niveau jamais mesure depuis le lancement de cet indicateur en 1996.
Concretement, 15,4 % de la population vivait en 2024 avec des revenus inferieurs au seuil de pauvrete, fixe a 60 % du revenu median, soit 1 337 euros par mois pour une personne seule, detaille l’Institut national de la statistique dans sa publication annuelle sur les revenus et le patrimoine des menages. Apres avoir bondi de 0,9 point entre 2022 et 2023, le taux se stabilise donc a un niveau historiquement eleve.
Une stabilisation qui masque des tensions persistantes
Les niveaux de vie des plus modestes se sont redresses en 2024, « grace a une situation sur le marche du travail toujours assez bien orientee et aux revalorisations du salaire minimum, des pensions de retraites et des prestations sociales alors que l’inflation ralentit », explique l’Insee. Mais l’institut precise que ces gains « n’augmentent pas plus vite que les niveaux de vie du milieu de l’echelle, qui profitent egalement d’une partie de ces effets ».
Cette evolution parallele explique la stabilite du taux de pauvrete, qui reste a son pic historique. Le collectif Alerte, qui regroupe des associations de lutte contre la pauvrete, a denonce dans un communique une situation ou « la pauvrete reste a un niveau historique inacceptable et continue de s’enraciner ».
Pres de 10 millions de personnes concernees
Le seuil de pauvrete de 1 337 euros par mois pour une personne seule represente un revenu disponible apres impots et prestations sociales. Pour une famille avec deux enfants de moins de 14 ans, ce seuil s’etablit a 2 806 euros mensuels. Les donnees de l’Insee couvrent l’ensemble de la France metropolitaine et portent sur l’annee 2024, derniere annee pour laquelle les chiffres sont disponibles.
En valeur absolue, pres de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvrete en France metropolitaine. Les familles monoparentales, les jeunes de moins de 25 ans et les personnes peu qualifiees restent les categories les plus exposees, selon les travaux anterieurs de l’institut.
Un contexte de hausse sur trois ans
Apres une periode de relative stabilite autour de 14 % entre 2018 et 2021, le taux de pauvrete a connu une hausse marquee a partir de 2022, sous l’effet de l’inflation et de la hausse des prix de l’energie et de l’alimentation. Le record de 2024 confirme une tendance a la deterioration des conditions de vie des menages les plus fragiles, malgre les mesures de soutien au pouvoir d’achat mises en place par le gouvernement.
Le Figaro, La Croix et Les Echos ont egalement relaye ces chiffres, confirmant la convergence des donnees de l’Insee. La publication de ces statistiques intervient alors que le debat sur la redistribution et l’efficacite des politiques sociales reste vif, a quelques mois du projet de loi de finances pour 2027.
Un indicateur suivi de pres en Europe
Le seuil de pauvrete monetaire utilise par l’Insee est aligne sur la methode europeenne, qui fixe le seuil a 60 % du revenu median national. Cette approche relative signifie que le taux depend autant de l’evolution des bas revenus que de celle du niveau de vie median. En France, le seuil de pauvrete a ainsi progresse de 2,5 % sur un an pour atteindre 1 337 euros, refletant la hausse des revenus medians dans un contexte de reprise du marche du travail. La France se situe dans la moyenne europeenne pour cet indicateur, selon les donnees comparees d’Eurostat.
