Le président roumain Nicusor Dan a annoncé, dimanche 14 juin, la nomination d’Adrian Vestea au poste de Premier ministre. Le libéral de 52 ans, ancien maire et ministre du Développement, succède à Eugen Tomac. L’eurodéputé centriste a retiré sa candidature le jour même, faute d’avoir pu constituer une majorité. La Roumanie, État membre de l’Union européenne et de l’OTAN, traverse une crise politique depuis le renversement du gouvernement d’Ilie Bolojan, le 6 mai 2026.
Un nouveau Premier ministre après le désistement de Tomac
« M. Eugen Tomac a retiré sa candidature ce matin et, dans ces circonstances, je nomme M. Adrian Vestea au poste de Premier ministre », a déclaré Nicusor Dan dans un communiqué diffusé dimanche 14 juin. L’eurodéputé du groupe Renew Europe, initialement désigné pour former un gouvernement, avait proposé un exécutif « technique et non pas politique ». Cette formule n’a pas obtenu le soutien nécessaire dans un Parlement très fragmenté, où aucun bloc ne détient seul la majorité.
Adrian Vestea est un cadre du Parti libéral roumain. À l’annonce de sa nomination, il a déclaré accepter « cette responsabilité dans une période de crise politique ». Il a ajouté vouloir « un gouvernement politique qui entreprenne de véritables réformes et maintienne la Roumanie sur une trajectoire pro-occidentale ». Le nouveau Premier ministre a précisé qu’il mènerait les négociations avec « les partis politiques démocratiques pro-occidentaux du Parlement ».
Une crise politique qui dure depuis le 6 mai
La Roumanie est plongée dans l’incertitude depuis le 6 mai 2026. Le Premier ministre libéral Ilie Bolojan a alors été renversé par une motion de censure déposée par ses anciens alliés sociaux-démocrates, rejoints par l’extrême droite. Le président Nicusor Dan, élu en novembre 2024 sur une ligne centriste et pro-européenne, a depuis refusé l’entrée de l’extrême droite au gouvernement. Il s’est également opposé à l’organisation d’élections législatives anticipées, qu’il jugeait prématurées dans le contexte actuel.
Pays de 19 millions d’habitants frontalier de l’Ukraine, la Roumanie occupe une position stratégique sur le flanc oriental de l’OTAN. L’instabilité politique qui dure depuis plus d’un mois nourrit les inquiétudes parmi les partenaires occidentaux du pays, alors que la guerre en Ukraine se poursuit à ses frontières. La mission confiée à Adrian Vestea est de constituer une nouvelle majorité parlementaire dans un paysage politique très divisé. Le nouveau Premier ministre devra négocier avec les sociaux-démocrates, les libéraux et les autres formations centristes pour obtenir la confiance des députés.

Tensions au sein du Parti libéral
La nomination d’Adrian Vestea a provoqué des remous au sein de sa propre formation politique. Ilie Bolojan, chef du Parti libéral et ancien Premier ministre, a affirmé ne pas avoir été informé à l’avance de la décision présidentielle. Il a qualifié la démarche d’« acte hostile » et de « tentative manifeste de diviser » le parti, selon des propos rapportés par la RTBF.
Cette fracture interne fragilise la position du nouveau Premier ministre au moment où il doit rassembler au-delà des clivages partisans. La tâche s’annonce complexe : le Parlement roumain, élu en décembre 2024, compte une demi-douzaine de formations, des libéraux aux sociaux-démocrates en passant par plusieurs partis nationalistes. Adrian Vestea dispose désormais d’un délai pour présenter la composition de son gouvernement et solliciter un vote de confiance devant les députés. Le calendrier des consultations est attendu à Bucarest dans les prochains jours.
